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La Villa Arson présente, du 26 octobre 2002 au 5 janvier 2003, une importante exposition de Fiona Tan, artiste néerlandaise, ainsi que trois expositions personnelles de jeunes artistes, Caroline Boucher, Julien Bouillon, Sandra D. Lecoq, tous trois anciens étudiants de lEcole Nationale Supérieure dArt de la Villa Arson.
Vernissage le 25 octobre 2002 à 18h.
Téléchargements > [ Communiqué de Presse.pdf ] - [ Press Release.pdf ] - [ Images disponibles ]
Fiona Tan est née en 1966 à Pekandaru,
Indonésie.
Elle vit et travaille à Amsterdam.

Saint Sebastian,
installation video, 2001
2 vidéo projecteurs 16mn09, 2 lecteurs DVD, 8 enceintes audio
1 écran de projection double face 425cmx 239cm
© photo Fiona Tan et la Galerie Paul Andriesse
Chez Fiona Tan, l'histoire personnelle de l'artiste et celle, forcément
plus collective, de l'époque, s'imbriquent profondément. Sans
ostentation, Fiona Tan donne une forme plastique (films vidéo, installations),
à ses complexités racinaires ; elle noue dans chaque uvre,
de nouveau, à d'autres brins exogènes, les nuds déjà
nettement complexes de ses propres origines (née en Indonésie,
père chinois, mère australienne ; a vécu en Allemagne ;
vit aujourd'hui aux Pays-Bas). La volonté documentaire se tisse d'intrigante
poésie, de choses lentes, de situations d'immobilité. Fiona Tan
se dit sans se raconter ; par exemple lorsquelle écrit sur les
carreaux des vitres le message illisible d'une possible déclaration de
soi (Message, 1997). À la surface de ce qu'on en perçoit, il affleure
singulièrement que le temps est ici une matière sensible, qui
se raconte et se sculpte sur toutes les échelles (depuis l'intime jusqu'à
l'historique). Souvent, des scènes d'archives viennent se mêler
aux vidéos de l'artiste. Fiona Tan est fascinée par les images
documentaires, par la puissance de manipulation du montage cinématographique,
Elle dit : " Jaime lidée que la vie soit une histoire
que lon raconte, je répète dans ma tête mes scènes
favorites. "
Cette exposition est co-produite par la Villa Arson, le Museum De Pont de Tilburg
et le DAAD de Berlin. Un catalogue sera co-édité à cette
occasion (textes de Beatrice von Bismark et Els Hoek).
Caroline Boucher est née en 1972 à
Saint-Denis.
Elle vit et travaille à Castelnau-le-Lez.

6, polystrène extrudé, bulltex, métal,
ciment, résine, 2001
162cm large, 158cm long, 220cm haut
Les sculptures de Caroline Boucher nont jamais lair dêtre
stricto sensu de la sculpture. On aurait souvent tendance à leur prêter
une fonction. Dans certaines uvres, des chaussettes remplies de plâtre
forment un socle, bien sûr, mais ne se contentent pas de supporter le
poids du sculpté, non plus que de le surélever. Elles
linterprètent, lui conférant une expressivité toute
anthropomorphique. Les sculptures de Caroline Boucher font à la fois
corps et personnage. Dun côté, elles semblent souligner que
le corps, ou quelque chose de corporel, vient juste de sabsenter, elles
en signalent la présence en creux, la vacance, comme ferait une prothèse
abandonnée. Dun autre côté, ce corps absent a laissé
la trace dune posture, dun geste qui, figé dans sa théâtralité,
impose luvre comme protagoniste de lentame dune narration.
Julien Bouillon est né en 1971 à
Forcalquier.
Il vit et travaille à Nice.

GSM0.3, vidéo numérique
2mn08, Boucle, son, 2001
© Julien Bouillon
La corruption, la corruption! Voilà sans doute ce qui se laisse immédiatement
repérer dans les installations de Julien Bouillon, avec à la clé
lémergence de quelques questions fondamentales : mais comment se
fait-il donc que ces marchandises qui nous réjouissent tant finissent
un jour ou l'autre par être périmées ? Je croyais pourtant
qu'il était incassable
énonce le petit d'homme devant le
cadavre du chiot de noël 1987
Near Death Experience, sitcom de la
vanité, angoisse de sentir que le corps n'est qu'un piège qui
se referme sur lui-même, tant et si bien qu'il plisse et se cloque (comme,
en d'autres lieux, plisse la peinture, mais moins inexorablement, car elle s'arrête
juste au bord, elle), sont autant de motifs pour Julien Bouillon. Mais, attention
! La mort n'est pas LE sujet. Ce qui intéresse ici, c'est ce qui se passe
juste avant, quand le corps crie qu'on le laisse faire encore un peu, ce corps
intubé, mis en machine (machiné, dira-t-on, comme mis en intrigue),
mis en images ici et là, dispersé dans linventaire post-clinique
de ses parties dolentes.
Sandra D. Lecoq est née
en 1972 à Penja, Cameroun.
Elle vit et travaille à Nice.

Penis Carpet 2, tissu tressé,
220cmX420cm, 2001
© Photo François Fernandez
Luvre de Sandra D. Lecoq seffectue par juxtaposition deffets
minimaux, de formes et de geste fondamentaux mis bout à bout, daccumulation
de touches. Toutes ces opérations de peu, considérées séparément,
nauraient lair de rien ; dune occupation du temps, dun
déploiement compulsif dans lespace clos de latelier (ou dailleurs).
Mais elles constituent loutil dun projet pictural plus vaste (depuis
les palettes augmentées (Magagnes) jusquaux séquences
vidéo du Délicieux cadavre exquis, avec Olivier Bartoletti). Les
Cookies Carpet, les Penis Carpet (titres autant que programme figuratif, suggestion
de lecture) sont composés de chiffons tachés (résidus de
pratiques plus anciennes), de pièces de vêtements, nouées,
tressées ensemble. Cette longue succession linéaire de touches
de couleurs aléatoires est ensuite employée comme matériau
et mis en forme ; la ligne devient surface, endigue le procédé
qui la fonde, son indétermination abstraite liminaire, et fait image
dans le tapis.